
Recueil de la gastronomie bourguignonne
| Auteurs | Françoise Colin, Lucien Hérard |
| Editions | Delta 2000 |
| Annee | 1981 |
| Pages | 64 |
| ISBN | Non reference |
| Disponibilite | Acheter d'occasion |

Soixante-quatre pages pour résumer la gastronomie bourguignonne. L'entreprise est soit d'une audace folle, soit d'une humilité touchante — car la Bourgogne, en matière de table, est un continent. Terres de Dijon, de Beaune, du Mâconnais, du Morvan : chaque sous-région a ses spécialités, ses vins, ses fromages, ses charcuteries, et prétendre en faire le tour en un fascicule tient de la gageure.

Françoise Colin et Lucien Hérard, publiés par la modeste maison Delta 2000, ont pourtant réussi à en extraire soixante-quatre plats — un par page, en somme — qui fonctionnent comme autant de vignettes d'un album régional. C'est un recueil, au sens premier du terme : on recueille, on rassemble, on préserve.
Les figures imposées de la Bourgogne à table sont presque toutes là : le bœuf bourguignon, le coq au vin, les escargots à la bourguignonne, le jambon persillé, les gougères, les œufs en meurette. Mais ce qui rend l'exercice intéressant, c'est ce qui manque — car en soixante-quatre pages, il faut choisir, et choisir c'est renoncer. La Bourgogne est peut-être la seule région de France où la cave dicte le menu : on ne cuisine pas pareil à Chablis et à Pommard, pas pareil dans le Mâconnais viticole et dans le Morvan forestier. Ce petit livre, en réduisant le continent bourguignon à ses essentiels, dessine en creux le portrait d'une cuisine qui se définit autant par ses vins que par ses plats.
Le Morvan, parent pauvre de la gastronomie bourguignonne officielle, est le grand absent prévisible. La cuisine morvandelle — plus rustique, plus montagnarde, plus paysanne — n'a jamais eu le prestige de celle de la Côte viticole. Pas de grands crus pour la sublimer, pas de restaurateurs étoilés pour la moderniser : juste des soupes, des potées, du lard et des pommes de terre, la cuisine de ceux qui vivent de la forêt et de l'élevage. Le contraste entre la richesse viticole de Beaune et la pauvreté paysanne du Morvan dit tout de la Bourgogne : une région qui a toujours été deux mondes en un.
Le format court — soixante-quatre pages — est en soi un choix éditorial qui dit quelque chose. C'est un livre qu'on offre, qu'on glisse dans une valise, qu'on pose sur la table de nuit d'une chambre d'hôtes près de Vézelay. Delta 2000, petite maison régionale, ne visait ni la BNF ni les prix littéraires : elle visait les visiteurs du dimanche et les bourguignons expatriés qui ont la nostalgie du jambon persillé de leur grand-mère.
Un carnet de poche qui ne prétend pas être un atlas mais qui, dans sa concision, capture l'essentiel d'une des plus grandes cuisines régionales de France. Pour les bourguignons expatriés et les amateurs de livres qu'on finit en une soirée.
Les 64 plats du livre

| # | Nom du plat |
|---|---|
| 1 | Aloyau braisé à la nivernaise |
| 2 | Andouillette grill |
| 3 | Asperges |
| 4 | Ballotine dite Brioche de veau à la nuitonne |
| 5 | Beignets beaunois |
| 6 | Boeuf à la nivernaise |
| 7 | Boeuf bourguignon |
| 8 | Cailles farcies aux baies de cassis |
| 9 | Carottes à la nivernaise |
| 10 | Carpes en meurette |
| 11 | Cassolette d'escargots Françoise du Pré |
| 12 | Cervelas en brioche |
| 13 | Cervelles de veau en matelote |
| 14 | Chorlatte |
| 15 | Clafoutis |